À partir de leur récit, les autrices signent un ouvrage qui résiste au pathos et explique comment elles ont transformé l’épouvantable épreuve du burn-out professionnel en ressource pour les autres.
Elles sont sept, de 35 à 60 ans, infirmières, couturière, assistante sociale…, mariées ou célibataires, grands-mères ou en attente de fonder une famille, vivant en ville ou à la campagne, harcelées, surchargées, ballottées ou encore mal traitées par un supérieur, un collègue, un système.
Elles sont tombées brutalement, après un long déni. Elles ont mis des mois à se relever.
Repérées par le service social de l’Assurance Maladie, elles ont accepté de participer à des séances de groupe. Là, entre pairs, elles se sont senties enfin comprises. À tel point qu’elles ont eu envie de prolonger des rencontres aussi ressourçantes que graves par un projet d’écriture.
Même s’il y a beaucoup de livres sur le burn-out, celui-ci est novateur parce que :
1. Ce sont des victimes qui en parlent, et à plusieurs voix ;
2. Elles relatent non seulement leur épreuve mais également leur parcours de « résistance » pour quitter le statut de victime ;
3. Elles sont très peu en France à avoir créé une association telle que la leur;
4. Elles montrent les vertus du travail social de groupe pour se rétablir.
L’ouvrage se divise en deux grandes parties : les récits authentiques de femmes victimes de burn-out, et une réflexion collective sur le parcours de guérison et de solidarité.
**Première partie – Les récits** :
Chaque chapitre présente l’histoire singulière d’une femme (infirmière, cadre, couturière, assistante sociale…) confrontée à l’effondrement, au surmenage ou à la maltraitance institutionnelle. Le burn-out est décrit comme une chute brutale après une longue période de déni et de suradaptation. Les témoignages insistent sur l’intensité de la souffrance, la perte de contrôle, l’isolement et la difficulté à demander de l’aide.
-**Seconde partie – La reconstruction** :
Ce volet met en avant le rôle essentiel des groupes d’entraide ; les participantes, accompagnées par le service social, ont pris conscience que la parole partagée entre pairs est fondatrice de résilience. L’écriture collective est ici vécue comme une étape thérapeutique et citoyenne, permettant de quitter le statut de victime et d’investir un nouvel engagement social, notamment à travers la création d’une association.
Points clefs
**Lutte contre le pathos** : Le livre prend soin d’éviter la complaisance dans le malheur ; il valorise le vécu, le travail d’élaboration et la transformation du drame vécu en ressource pour autrui.
**Résonance collective** : L’accent est mis sur la force du groupe et la mutualisation des expériences comme levier de rétablissement. Les autrices montrent que le burn-out, tout en étant une « maladie de l’estime de soi », peut aussi devenir un ressort d’action collective.
**Réflexion sur le travail** : Au-delà du témoignage, le livre propose une analyse des mécanismes institutionnels et relationnels qui favorisent l’apparition du burn-out, et suggère que seule une dynamique de prise de parole et de soins partagés permet d’avancer.
**Débat sur la réussite** : Dans les entretiens accordés à la presse, Corinne Le Bars souligne que « réussir » son burn-out ne signifie pas justifier la souffrance, mais trouver un nouvel équilibre par la reconnaissance, l’entraide et la réappropriation de son histoire personnelle et professionnelle.
Sommaire de l’ouvrage :
Préface, Pascale Molinier
Introduction
Première partie – Les récits
- Perdre le contrôle, Anne-Marie
- « Nul n’est irremplaçable ! », Lucie
- Quand les coutures craquent, Sarah
- Un bon petit soldat, Laurence/Emma
- Jusqu’ici tout va bien…, Corinne
- Chemin de croix, Valérie
- Sous son œil…, Blanche
Seconde partie – On refait le match
- Présentation de l’équipe
- Une formation exclusivement féminine
- Coacher, c’est une affaire d’abnégation
- Nous jouons les prolongations
- Victoire sur tapis vert
- Secondes prolongations
- Le 6 majeur
Conclusion
Annexe
Remerciements
Réussir son burn-out. Récits de résistantes,
sous la direction de Corinne LE BARS, avec la participation de l’association LES PEST, Préface de Pascale MOLINIER, éditions Érès, Coll. Clinique du travail, Paris, janvier 2022, 192 pages – EAN : 9782749272467
Corinne Le Bars est docteure en sciences de l’éducation, biographe/auteure pour autrui, spécialiste des récits de vie. Directrice du département Recherche, développement des formations supérieures, partenariats universitaires à l’IRTS Basse-Normandie. Docteur en Sciences de l’éducation. Chercheur associé au CREN (Centre de recherches en éducation de Nantes). Membre du comité de rédaction du Sociographe.